• Votre panier est vide.

Les points triggers myofasciaux

Les points triggers myofasciaux, MtrP, sont des zones douloureuses que l’on peut retrouver chez nos patients présen. Ils touchent autant les muscles « myo » que les fascias. Ce sont des nodules durs, palpables et discrets situés dans une bande musculaire. Ils peuvent être spontanément douloureux, on dit qu’ils sont actifs, ou douloureux uniquement à la compression, on les dit alors passifs (latent).

Ils sont parmis les causes les plus fréquentes des douleurs chroniques de l’appareil locomoteur sous le nom global de douleurs myofasciales (ou Myofascial Pain Syndrome en anglais). 

La douleur myofasciale est un problème clinique et est une cause très fréquente de visite en première intention pour les soins douloureux chez les cliniciens (1.2). Très peu de personnes vivront sans avoir jamais ressenti de douleurs musculaires à la suite d’un trauma, une blessure, une surstimulation ou un étirement. Ce type de douleur est très fréquemment résolue sans l’utilisation de traitement médical en quelques semaines. Cependant dans certains cas, la douleur musculaire persiste bien après que la blessure soit guérie. Cette douleur peut également avoir lieu dans d’autre partie du corps, en continuité ou autour de la zone. Cela annonce un état de sensibilisation qui est l’un des troubles caractéristiques de la douleur chronique, dans laquelle la douleur est la pathologie qui nécessite une intervention médicale pour sa résolution.

Le terme myofascial a évolué depuis la vision selon laquelle le muscle et le fascia participent certainement aux symptômes (3.4). L’ancien terme était l’aponévrite qui décrivait l’inflammation des tissus conjonctifs entourant le muscle et qui accompagnait la douleur chronique musculaire. On parle aujourd’hui de douleur myofasciale.

Pour plusieurs cliniciens le diagnostic de la douleur myofasciale passe par l’identification de un ou plusieurs trigger points. Un point trigger est un nodule discret et hyperirritable qui est palpable et dur durant l’examen physique.

La douleur du MPS est associée avec, mais ne doit pas être causée par, un point trigger actif. Un point trigger actif est cliniquement associé avec une douleur spontanée dans le tissus environnant et/ou distant selon un pattern de douleur référée spécifique. Des points de pression digitaux sur le point trigger actif exacerbent la douleur spontanée du patient et miment son expérience de douleur familière. Les points trigger peuvent également être latents, et dans ce cas ils ne sont pas physiquement présents et donc non associés avec une douleur spontanée. Cependant, la pression sur le point latent déclenche la douleur localisée sur le site du nodule. Les triggers actifs et passifs peuvent être associés à une dysfonction musculaire, une faiblesse musculaire et une diminution de l’amplitude du mouvement. 

Représentation schématique d’un point trigger. De nombreux noeuds de contraction (« contraction knots ») forment un cordon musculaire palpable (« taut band ») , dans lesquels les points trigger peuvent se trouver. 

(Source: David G. Simons, MD, Janet G. Travell, MD & Lois Statham Simons, « Myofascial Pain & Dysfunction – The Trigger Point Manual », Volume 1, 1999)

La cause la plus probable est une surcharge ou un faux mouvement au niveau du muscle. Dans le point trigger, l’approvisionnement en oxygène et substances nutritives est perturbé, ce qui amène à une contraction constante difficile à relâcher par soi-même.

C’est dans les années 1950 que le terme point trigger myofascial est adopté et décrit par le Dr Janet Travell grâce aux données selon lesquels les nodules peuvent être présents et référés la douleur à la fois du muscle et du fascia sous jacent. En 1983, un livre co écrit entre les docteurs Travell et David Simons résume les années d’observations et d’études des douleurs myofasciales : « , Myofascial Pain and Dysfunction: The Trigger Point Manual ». Ce libre fut une percée dans le monde de la rhumatologie, de l’orthopédie et de la physiothérapie et modifia la compréhension et l’approche du traitement de la douleur chronique. 

Un des traitements testés en 1979 par Lewit consiste à faire du « dry needling », c’est-à-dire, piquer le point trigger avec une aiguille hypodermique (très invasive et très douloureuse) mais sans injecter d’anesthésiant ou d’eau saline (d’où le terme dry pour sec). Cependant Lewit a trouvé que l’efficacité du dry needling dépendait autant de la sévérité de la douleur que de la précision avec laquelle l’aiguille est insérée dans le point trigger. (67) Dans cette étude sur 241 patients présentant des douleurs myofasciales chroniques, Lewit a trouvé que le dry needling soulageait immédiatement la douleur chez presque 87% des cas. Dans près de 31% des cas, l’analgésie était permanente et dans 22% des cas elle durait plusieurs mois, 20% plusieurs semaines et seulement 14% n’avaient aucun soulagement.

Aujourd’hui encore les cliniciens utilisent le dry needling avec des aiguilles d’acupuncture, qui sont moins invasives, afin de diminuer la douleur. Il a été prouvé cependant que insérer la douleur directeur dans le point trigger ou bien dans la zone l’encadrant n’a pas d’incidence thérapeutique. Le geste étant de travailler avec l’aiguille dans le sens des aiguilles d’une montre et de la laisser agir une à 2 minutes (61).

physio-learning©. Tous droits réservés. Cliquez ici pour voir les conditions d'utilisations