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Les exercices du protocole de Rebecca Mellor

Dans cette vidéo nous allons détailler les exercices du protocole à faire réaliser au patient, semaine après semaine.  

Commençons par la semaine 1. Cette première semaine permet au patient de se familiariser à 5 exercices à réaliser tous les jours. Ils servent de bases pour les exercices suivants et devront donc être bien expliqués au patient afin qu’il les maitrise parfaitement. Ces exercices ne doivent pas déclencher de douleur. Les deux premiers exercices à lui enseigner seront deux exercices d’activation à charge basse. Ils sont très importants et seront maintenus tout au long des huit semaines. Il s’agit d’exercices d’abduction isométrique d’abord en debout puis en position allongée. Les voici en détail 

L’abduction isométrique debout se fait avec un effort faible sur l’échelle de Borg, une vitesse lente car elle est maintenue 5 à 15 sec. On demandera au patient 3 à 5 répétions réalisée deux fois par jour.  

Le patient est donc debout, il a les pieds légèrement plus écartés que son bassin. La consigne est de forcer doucement pour écarter les jambes l’une de l’autre en restant statique. On recherche une douce et profonde tension musculaire dans la hanche ou dans les fesses qui doit être maintenue 5 à 15 secondes. Nous pouvons noter que cet exercice peut également être fait le dos appuyé contre un mur s’il est trop compliqué. 

L’abduction isométrique en décubitus dorsal se fait avec un effort faible sur l’échelle de Borg, une vitesse lente qui consiste à maintenir la position isométrique pendant 5 à 10 secOn demandera au patient 10 répétions par série, 1 à 2 séries réalisées deux fois par jour. 

Le patient est allongé sur le dos avec un coussin sous ses genoux sanglés afin de les surélever par rapport aux hanches. Le patient écarte les jambes vers l’extérieur afin de créer une résistance dans la bande ou la ceinture. Il maintient la position 5 à 10 sec et doit sentir une tension musculaire profonde dans les hanches ou dans les fesses. Il revient à la position initiale afin de répéter le mouvement.  

Nous continuons ensuite avec des exercices proposant un contrôle du pelvis durant une mise en charge fonctionnelle il s’agit du pont fessier et du squat.  

Le pont fessier se fait avec un effort faible sur l’échelle de Borg, une vitesse modérée2 sec pour réaliser le mouvement, maintenir 2 sec, puis revenir doucement sur 2 secondes. On demandera au patient 10 répétions réalisées une fois par jour. La position de l’abduction isométrique précédente permet d’enchainer avec cet exercice facilement 

Le patient est allongé sur le dos avec les genoux pliés. Ses deux pieds sont posés au sol à équidistance. Il doit tout d’abord mettre en tension ses abdominaux inférieurs puis contracter les fessiers afin de décoller le bassinpour le monter doucement durant 2 secondes. 

Il maintient cette position 2 secondes et son bassin ne doit pas bouger. Ses talons sont fermement enfoncés dans le sol, l’amplitude n’est pas maximale mais elle doit être confortable pour le patient. Si des crampes apparaissent à l’arrière des cuisses, il pourra rapprocher ses talons de ses fesses. La descente est contrôlée et dure également 2 secondes.

Ensuite le travail en squat permet de travailler la force de façon fonctionnelle, cet exercice se réalise donc avec un effort faible voir moyen donc une petite douleur peut être présente ce qui est tout à fait normal. La vitesse de réalisation est lente, on demande au patient de descendre sur 3 secondes, de maintenir 3 secondes et de remonter sur 3 secondes. Le patient réalise 10 répétitions une fois par jour.  

Le patient est debout, son poids réparti équitablement entre les 2 pieds, qui sont écartés largeur de bassin. La consigne est de plier les genoux, plier les hanches en les envoyant vers l’arrière et dbasculer le haut du corps vers l’avant comme pour s’asseoir. Descendre doucement durant 3 sec, maintenir la position et remonter sur 3 sec également. Il faut alors pousser au niveau des talons en contractant ses fessiers pour remonter 

Enfin le 5eme et dernier exercice cette semaine est le mouvement des pas chassés qui permet de mettre en charge les abducteurs via un mouvement dans le plan frontal. Celui-ci est réalisé avec un effort faible mais une vitesse modérée donc 2 secondes par mouvementComme les exercices précédents, il faudra faire 10 répétitions de chaque côté unfois par jour.  

Pour le mouvement des pas chassés, le patient est debout, ses jambes sont tendues. Il doit simplement faire un pas du coté gauche et revenir en faisant un pas du coté droit. Ljambe qui reste en appui est celle qui force. 

Après l’apprentissage de ces exercices il faudra bien surveiller la douleur du patient. Comme nous l’avons vu ces exercices ne doivent pas déclencher de douleur anormale, si c’est le cas il faudra adapter et bien sûr vérifier leur exécution qui doit être contrôlée, lente et douce.  

Passons maintenant à la 2eme semaine de prise en charge. Nous allons augmenter la difficulté des exercices en commençant à charger doucement et nous allons travailler l’optimisation du mouvement.  

Les deux premiers exercices à faible charge sont répétés comme en semaine 1 avec l’abduction statique debout et l’abduction statique allongée. Le pont fessier sur les deux jambes à équidistance est maintenu mais la vitesse passe de modérée à lente et demande donc plus de contrôle de la part du patient. Nous ajoutons un exercice complémentaire qui est le pont fessier décalé. Cet exercice demande un effort moyen, il doit être réalisée de façon lente et sur 5 répétions par jour.  

Le patient est allongé sur le dos, ses genoux sont pliés. Il va rapprocher le pied de sa jambe douloureuse de ses fesses et éloigner l’autre. Ensuite on lui demandera de mettre en tension ses abdominaux inférieurs et de contracter ses fessiers afin de décoller le bassin de façon contrôlée sur 3 secondes. Les talons sont fermement enfoncés dans le sol, l’amplitude n’est pas maximale mais elle doit être confortable pour le patient 

Ensuite comme pendant la 1ere semaine il réalise une série de 10 squats à vitesse lente puis de la même façon nous ajoutons l’exercice du squat avec les jambes décalées. Celui-ci demandera un effort moyen, une vitesse lente pendant seulement 5 répétitions. La consigne est la suivante, le patient est debout, il place une jambe devant et une jambe derrière. Il réalise le squat sur la jambe avant, c’est celle qui travaille car elle a le maximum de poids dessus. Le talon arrière se lève, il commencera par descendre du tiers ou de la moitié de la distance à une chaise hypothétique. La descente doit se faire sur 3 sec et remonter en 3 sec également. Il doit se concentrer en poussant à travers les talons et en sentant la contraction des fessiers. 

S’il est trop difficile, cet exercice peut être réalisé en appui sur une chaise en fonction de la sensibilité du patient et de son équilibre.  

Le dernier exercice est le même que celui de la semaine 1, les pas chassés sont réalisés dans les mêmes conditions en ajoutant 5 répétitions supplémentaires. Le patient devra donc faire 15 répétitions de chaque coté une fois par jour à vitesse modérée.  

Enfin nous passons à la 3ème étape qui durera de la 3ème à la 8ème semaine. Les exercices d’auto-rééducation voient leur difficulté augmenter et nous ajoutons en parallèle deux séances par semaine d’exercices de mise en charge plus importante sous notre supervision au cabinet. 

Les exercices d’auto-rééducation sont très ressemblant à la 2eme semaine.  

Les exercices à faible charge sont maintenus dans les mêmes conditions, donc abduction statique isométrique debout et allongée. Les exercices de contrôle du pelvis sont maintenus mais les conditions d’exécution évoluent. Le pont passe de 10 à 5 répétitions et sera réalisée une seule fois par jour. Le pont décalé voit son effort se durcir, son nombre de répétition augmente jusqu’à 10 et il doit maintenant être réalisé deux fois par jour.  

Il existe plusieurs façons d’augmenter cette difficulté. La première est de proposer au patient de décoller le pied opposé du sol durant deux secondes puis de le reposer entre chaque répétition. Une fois cet exercice devenu trop facile, le patient contrôle son bassin sans douleur, on peut lui proposer une version supérieure où il devra décoller le pied opposé et tendre la jambe. Enfin cet exercice sera complété par une version plus difficile où le patient devra contrôler la descente et la montée de son bassin en gardant cette jambe toujours tendue.   

 

Les exercices de forces fonctionnelles sont maintenus avec le squat qui diminue également de 10 à 5 répétitions par jour mais le squat décalé augmente comme pour le pont décalé en difficulté et en nombre de répétition. C’est-à-dire qu’on passe sur un exercice plus difficile avec jusqu’à 10 répétitions et deux séries par jour. L’augmentation de difficulté dans le squat peut être de lâcher la chaise si le patient en avait besoin et donc de contrôler sa descente. Et le niveau supérieur sera de contrôler le squat avec la jambe arrière levée comme sur cet exemple.  

Enfin les pas chassés latéraux sont maintenus dans les mêmes conditions avec 10 pas de chaque côté. Puis nous demanderons au patient cet exercice avec une difficulté ajoutée par le travail contre la résistance d’une bande élastique. L’exercice devient alors plus difficile et il sera demandé au patient de réaliser 5 à 10 répétitions en 1 à 2 séries par jour en fonction de sa douleur ressentie.   

Afin de réaliser l’abduction simple d’une jambe contre résistance élastique le patient se place debout ses jambes tendues. Il place un pied sur une surface glissante tel un disque de glisse et amène la jambe en abduction sur 2 secondes et revient sur deux secondes. L’ajout de la résistance sera plus efficace si elle est placée au bout des pieds mais une progression peut se faire en commençant par la placer au niveau des genoux, puis des chevilles avant de descendre. L’évolution de cet exercice peut être proposé au patient avec une position de départ en mini-squat. C’est-à-dire qu’il descend sur ses deux jambes et penche légèrement le buste vers l’avant et réalise le même exercice que précédemment. D’abord sans résistance pour apprivoiser l’exercice puis rapidement on ajoutera l’élastique. Nous pouvons noter qu’à domicile notre patient n’aura pas forcément de disque de glisse, une solution consiste à mettre le pied qui travaille en chaussette ou à le placer sur un torchon par exemple 

Détaillons maintenant les deux séances par semaine à effectuer au cabinet. Elles permettent d’augmenter graduellement la charge en restant à l’écoute des réactions du patient et de ses demandes.  

Les exercices se divisent ainsi :  

Tout d’abord un échauffement par le travail des abducteurs dans le plan frontal avec l’abduction bilatérale debout puis en minisquat, 5 répétitions de chaque exercice de chaque côté, l’effort est faible et la vitesse modérée.

L’abduction bilatérale simple, le patient est debout, ses jambes sont tendues. Il place ses deux pieds sur une surface glissante tel un disque de glisse ou un tapis de glisse et amène les jambes en abduction simultanément sur 2 secondes et revient sur deux secondes. Pour l’exercice suivant le patient se place en minisquat c’est-à-dire qu’il descend sur ses deux jambes et penche légèrement le buste vers l’avant et réalise le même exercice que précédemment.  

Ces deux exercices doivent se faire avec un effort faible au départ afin de permettre un échauffement comme nous l’avons signalé.  

Ils sont ensuite répétés avec un travail en charge plus élevé c’est-à-dire que l’effort devient plus dur et la vitesse plus lente avec 10 répétitions de chaque. Afin d’augmenter la difficulté nous passons par l’utilisation de la bande élastique entre les jambes en tant que résistance. Comme précédemment, plus elle sera distale, plus elle sera efficace, à vous d’adapter l’évolution à chaque patient. 

Enfin un dernier exercice de contrôle du pelvis en charge physiologique est ajouté, il s’agit de l’exercice du scooter qui demandera un effort léger à dur au patient, réalisé en vitesse modérée, 5 à 10 répétitions et 1 à 2 séries.  

Pour le scooter le patient est debout, soit sur le tapis de glisse soit un pied sur un disque de glisse. L’exercice consiste à réaliser une fente en faisant glisser le pied arrière et en penchant le buste sur la jambe avant qui se fléchie. Il amène la jambe vers l’arrière pendant 2 à 3 secondes et il revient à la position initiale. D’abord 5 répétitions de chaque côté et ensuite on progressera jusqu’à 10 répétitions et 2 séries. La progression de l’exercice passe une fois encore par l’utilisation de l’élastique plus ou moins distal.  

De même une adaptation à domicile est possible avec la glissade du pied via une chaussette ou un torchon.  

Cet exercice du scooter clôture le protocole tel qu’il a été pensé et que nous vous l’avons traduit dans des fiches afin de le mettre en place facilement avec vos patients. Comme expliquer précédemment, l’utilisation de ce protocole vous permet également de mettre en place dans la dernière étape des exercices complémentaires afin de rééduquer le patient à des mouvements fonctionnels propre à ses activités et à ses objectifs.  

Par exemple nous vous proposons d’ajouter le travail sur le step afin d’avoir un contrôle moteur qui se mette en place si la personne présentait sa douleur en montant les escaliers ou si elle aimerait reprendre une activité de gym en club par exemple. Ces exercices spécifiques doivent également être réalisé sur des vitesse modérée au début puis lente. Nous vous rappelons que les exercices qui visent le renforcement peuvent être effectués avec de la douleur tant qu’elle n’excède pas 5/10, et qu’ils n’augmentent pas la douleur lors de la nuit ou du matin consécutifs aux exercices. 

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