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La structure du tendon

Parlons maintenant de la structure du tendon.

Nous savons qu’il se compose de 30% de masse sèche et 70% d’eau.  

La structure et la composition à l’intérieur du tendon varie en fonction de ses propriétés mécaniques mais comprendra toujours la matrice extracellulaire et les ténocytes. 

Les ténocytes sont, comme vous le savez, les cellules du tendon, elles communiquent entre elles par les jonctions inter-cellulaires. Quand ils sont encore immatures les ténocytes sont appelés ténoblastes, ils ont alors une intense activité métabolique et c’est par la suite qu’ils maturent en ténocytes à activité plus faible. Ils produisent les éléments de la matrice extra-cellulaire, qui comprend notamment les fibres de collagène et les protéoglycanes. 

Les fibres de collagène sont l’élément principal de la matrice extracellulaire et notamment le collagène de type I qui représente 60% de la masse sèche et 95% du collagène. Les 5% restant sont principalement le collagène de type III intervenant lors de la cicatrisation tendineuse, et 27 autres types de collagènes. 

L’assemblage des fibres est hiérarchisé. En effet le collagène s’assemble en microfibrilles, qui s’unissent en fibrilles et qui elle-même donnent les fibres. Les fibres alors intriquées forment les faisceaux qui alignés dans l’axe longitudinal améliorent la résistance du tendon à la traction. Certaines fibres présentent une orientation transversale, voir horizontale et permettent la formation de spirales ou de tresses. 

Revenons maintenant sur les protéoglycanes que j’ai cités précédemment. Il se situent entre les fibres de collagène et sont d’une grande importance fonctionnelle. Ce sont des molécules qui combinent une protéine et une ou plusieurs chaines de glycosaminoglycane (GAG).  

Il existe deux types de protéoglycanes les petits et les grands protéoglycanes.  

 

protéoglycanes

Les petits protéoglycanes assemblent et alignent les fibres de collagène dans la matrice ce qui permet d’optimiser la résistance aux forces de tension longitudinale. Le plus petit est la décorine qui a pour rôle de moduler la formation et la forme finale des fibres de collagène. On retrouve aussi le biglycane et la fibromoduline qui sont des nurseries pour les cellules souches des tendons ce qui permet par exemple la production de nouveaux ténocytes. Dans le tendon, les petits protéoglycanes sont principalement retrouvés dans les zones de tensions. 

Les grands protéoglycanes sont l’aggrécane, le versicane et le lumicane. Ils sont chargés négativement et donc attirent les molécules d’eau. Grâce à cette propriété ils permettent au tendon de maintenir sa forme. Ils peuvent attirer et retenir jusqu’à 50 fois de leur poids en eau, ce qui est très efficace en cas de compression et c’est donc dans ces zones-ci que nous les retrouverons majoritairement. 

L’aggrecane est également retrouvé en grande concentration dans les cartilages qui subissent des cycles de compression très fréquents. 

Décrivons maintenant le tendon qui peut divisé en 3 zones majeures :  La zone de traction, la zone de transition et la zone de compression. 

La zone de traction est la plus éloignée de l’insertion osseuse. Cette zone est la plus adaptée à l’absorption des forces de traction longitudinales et c’est tout à fait logique puisque ce sont les tensions que doit supporter le tendon quand le muscle se contracte ou résiste à une force d’étirement. Dans cette partie le tendon est donc constitué majoritairement de tissus fibreux et est très riche en petits protéoglycanes.  

La zone de transition est située entre les deux et correspond à une zone de modification du tissu fibreux en fibrocartillage. Cette modification commence en profondeur par du fibrocartilage non-minéralisé puis évolue vers du fibrocartillage calcifié.  

La zone de compression, proche de l’insertion osseuse permet donc de résister aux efforts de compression contre l’os ou contre les autres tissus environnants. Cette zone est très peu perméable, elle est composée de fibrocartilage et de grands protéoglycanes qui piègent l’eau pour augmenter la résistance de la zone.   

Nous pouvons noter que les tendons sont souvent enroulés autour de l’os en sorte de poulie ce qui leur donne également un avantage mécanique et protège les zones de compression contre les forces de traction. Cette organisation spécifique de la jonction ostéo-tendineuse évite que le collagène ne soit plié, effiloché ou coupé. 

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