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Education du patient

Dans ce chapitre, nous allons décrire la fiche d’éducation générale du patient sur l’introduction aux douleurs latérales de hanche. Puis celle qui explique le protocole. La fiche sur l’impact des postures et activités a été vue précédemment. 

Description de la fiche d'éducation générale

Le protocole de rééducation créer par l’équipe de Rebecca Mellor ayant été efficace, nous allons vous présenter un protocole basé sur celui-ci.

La première partie est donc l’éducation du patient que nous ferons de manière orale, ainsi que via des fiches pédagogiques et ou des vidéos en ligne.

Nous traiterons avec le patient 3 points :

  1. La compréhension des tendinopathies et du management de la charge
  2. L’impact des postures et des activités sur le tendon
  3. L’explication du protocole

Qu’est ce qui ne va pas ?

Pour le patient le critère qui lui indique que ça ne va pas, est la douleur. On a mis ici une petite explication avec la notion de déséquilibre et un schéma de balance. J’aime beaucoup l’image de la balance car il n’y a pas de notion de lésion ou de séquelle, il suffit d’ajouter ou supprimer des facteurs pour retourner à l’état d’équilibre. Au moment où vous expliquer cette notion d’équilibre au patient, vous pouvez aider le patient à trouver les différents facteurs qui influence la balance dans son propre cas à partir de toutes les notions que nous avons vu dans la formation.

On en profite pour rassurer le patient sur le fait que c’est une pathologie qui est commune et que la douleur n’est pas en lien avec la gravité de la pathologie et que son tendon peut être très résistant.

Concernant l’imagerie, si le patient ne le demande pas particulièrement, il n’est pas nécessaire d’indiquer au patient qu’on observe des ruptures tendineuses sur les tendons dégénératifs, notamment si le sien l’est, on lui évite ainsi une peur inutile. Par contre on peut l’informer que son tendon va s’adapter pour devenir plus performant.

Que peut-on faire pour le soigner ?

La notion importante est que son tendon va s’adapter à une mise en charge progressive, et que nous sommes là pour l’aider à doser cette mise en charge. On en profite pour introduire la notion que la douleur n’est pas à fuir lors des exercices, au contraire elle fait partie de la rééducation et permet de doser l’effort.

Le schéma sur la gauche est une vision simplifiée de la rééducation. On insère les notions que pas assez d’effort ou trop d’effort ne sont pas la solution et auront tendance à faire persister la douleur. Au contraire, la solution est dans la mise en charge progressive, sachant qu’une douleur pendant cette mise en charge est normale.

Vous remarquerez que dans cette fiche nous avons évité les mots comme souffrance, faiblesse ou dégénératif car ils sont négatifs et risques de créer de l’appréhension chez le patient. De même nous avons évité le mot fort, car si l’objectif est de rendre le tendon fort, c’est qu’il est actuellement faible, c’est une notion qu’on essaie d’éviter car dans l’esprit du patient un tendon faible peut se rompre ou se déchirer. Dans ce cas par exemple nous avons utiliser le mot efficace qui sous-entend plus une progression sur la fonction plutôt que sur une faiblesse structurelle.

Que peut faire le patient ?

Dans cet encadré on insiste sur le fait que la rééducation est un travail d’équipe et que le patient a lui aussi son rôle à jouer. Le patient a 2 missions : diminuer la charge globale sur le tendon, voir quand c’est possible supprimer les facteurs de risques, et réaliser des exercices d’auto-rééducation quotidiens.

Nous avons choisi le mot « éviter » plutôt qu’un mot plus fort comme « proscrire » car certains patients pourraient développer une vraie peur d’abimer leur corps et une vision de fragilité de celui-ci. Il semble préférable de les informer qu’il vaut mieux éviter certaines postures et activités afin de laisser du temps au tendon pour s’adapter, et qu’il pourra par la suite reprendre normalement ses activités. Si jamais on voit au cours de la rééducation que le patient ne respecte pas nos conseils et que cela nuit à sa rééducation, à ce moment on pourra lui proposer de respecter strictement les instructions.

Combien de temps ça va prendre ?

Concernant la durée de la rééducation, le programme que nous allons voir dure 8 semaines, mais en fonction des facteurs de risques du patient on pourra estimer un temps plus long ou plus court.

Le protocole établi pendant l’étude a une durée de 2 mois, avec une augmentation progressive de la charge en 3 étapes. La rééducation comprend un programme d’exercice à réaliser par le patient en auto-rééducation tous les jours, pour optimiser l’adhérence, ils auront 8 exercices maximum à réaliser pour une durée de 15 à 20 minutes.

14 rendez-vous avec le kiné sont planifiés, 1 par semaines les 2 premières semaines, qui permettent au patient de se familiariser avec les exercices, et pour nous d’évaluer la progression et de l’adapter en fonction de la douleur et des capacités du patient ; puis 2 rendez-vous par semaines pour les 6 semaines suivantes qui permettront en plus du suivi de l’auto-rééducation, d’effectuer une mise en charge plus importante sous supervision.

La première semaine permettra au patient de se familiariser à 5 exercices à réaliser tous les jours.

Dans la seconde semaine on augmentera la difficulté des exercices en commençant à charger doucement et travailler l’optimisation du mouvement.

Lors de la 3ème étape qui durera de la 3ème à la 8ème semaine on augmentera la difficulté des exercices d’auto-rééducation et on effectuera en parallèle 2 séances par semaine d’exercices sous supervision, au cabinet.

Les exercices sont adaptés en fonction de 3 paramètres :

  • La douleur

Certains exercices permettent de travailler le positionnement et le contrôle moteur, ceux-ci ne doivent pas déclencher de douleur, si c’est le cas l’exécution devra être revue avec le patient pour pouvoir les réaliser sans douleur. Les exercices qui viseront le renforcement pourront être effectué avec de la douleur tant qu’elle n’excède pas 5/10, et s’ils n’augmentent pas la douleur la nuit qui suit ni le matin qui suit. Au niveau de la fiche d’exercices ou de la vidéo, le paramètre de la douleur sera indiqué par une de ces 2 pastilles.

  • L’intensité 

L’intensité de l’exercice sera jaugé grâce à l’échelle de Borg. Les exercices viseront un des trois niveaux suivants : faible qui correspond à une échelle de Borg de 11 à 12, un peu dur à dur qui correspond à une échelle de Borg de 13 à 15, et dur à très dur qui correspond à une échelle de Borg de 14 à 17. Le niveau sera bien sûr adapté à la réaction du patient à l’exercice. Les exercices à faible intensité sont soit des exercices d’apprentissage soit des exercices d’échauffement. Au niveau de la fiche exercice ou de la vidéo, le paramètre de l’intensité sera indiqué par une de ces 3 pastilles.

  • La vitesse

La vitesse d’exécution peut être soit lente c’est-à-dire des mouvements réalisés par phases de 3s, ou de vitesse moyenne avec des phases durant 2 secondes. Comme promis, dans les vidéos nous avons intégré un métronome pour améliorer l’exécution des exercices et travailler sur le contrôle moteur comme nous l’avons vu dans la première partie de la formation.

En bas des fiches d’exercices, une zone permet au patient de noter ses symptômes et son ressenti lors des exercices ce qui lui permet d’avoir un agenda précis à nous présenter pour nous permettre d’adapter plus facilement et précisément le protocole.

Pour un exemple de description d’exercice, vous pouvez vous référez à la vidéo en début de chapitre.

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