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Comment utiliser l’effet placebo à l’avantage du patient ?

Qu’est-ce que l’effet placebo ? Comment l’utiliser à l’avantage du patient

L’effet placebo agit sur la production endogène d’opinoïdes qui sont des anti-douleurs très puissant, sur la dopamine, les cannabinoïdes, la vasopressine et l’ocytocine qui est l’hormone de la confiance, l’empathie la générosité et le sexe.

L’effet placebo augmente également l’activité de différentes zones cérébrales comme la zone dorso-latérale du cortex préfrontal, l’hypothalamus, l’amygdala, et diminue l’acitivité du thalamus, l’insula et du cortex somatosensoriel. De plus l’effet placebo augmente les performances motrices via une augmentation de l’excitabilité cortico-spinale et réduit la fatigue.

On voit donc que l’effet placebo peut avoir un effet puissant chez le patient, et donc peut améliorer la qualité de sa prise en charge.

Au contraire, l’effet nocebo entraine une activation des clyco-oxygénases – prostaglandines et des Cholécystokinine qui entraine de l’anxiété et inhibe l’effet des opinoïdes dont leurs récepteurs sont désactivés par l’effet nocebo. Au niveau des zones activé pendant lors de l’effet nocebo, on retrouve les zones de la douleur affective et cognitives comme la partie antérieur du cortex cingulaire, le cortex préfrontal, l’insula et l’hippocampe. Au niveau moteur, léffet nocebo diminu la force en influençant la voie cortico-spinale.

Alors comment induire cet effet placebo chez le patient pour lui en faire bénéficier ?

Les données suivantes proviennent de l’excellente Masterclass de marco Testa et Giacomo Rossettini : Enhance placebo, avoid nocebo: How contextual factors affect physiotherapy outcomes

Department of Neuroscience, Rehabilitation, Ophthalmology, Genetics, Maternal and Child Health, University of Genova, Campus of Savona, Italy

Nous avons classé les différents éléments permettant de créer l’effet placebo chez le patient à travers 3 sections :

1. Préjuger et apparences

L’effet placebo peut se mettre en place avant le contact avec le patient, par notre réputation, par exemple si un autre patient nous a recommandé, ou un médecin que ce soit pour notre efficacité, ou pour notre professionnalisme, ou notre expertise. Déjà si on commence les soins sur une recommandation, le préjugé du patient sur nous est positif, ce qui facilite l’effet placebo.

Ensuite lors du premier contact avec le patient, les vêtements que nous portons ont leur importance, il est préférable de porter une blouse blanche ou un costume afin d’améliorer la perception du patient. Il est évident que le jugement d’une personne en shorts et en tongues sera différent que de quelqu’un en blouse, que ce soit justifié ou non, là on ne parle pas de qualité de travail, juste de perception.

Ensuite le lieu des soins a lui aussi son importance sur l’effet placebo. Un lieu avec des lumières naturels, de la musique calme et relaxante, sans bruits parasites comme ceux de la rue, des arômes agréables et une température adéquate sera propice à celui-ci. La décoration intérieure a elle aussi son importance, de la décoration avec des plantes, des fleurs, de l’eau a un effet calment. Concernant les couleurs, elles ont un impact différent selon les individus, il faut s’assurer qu’elles conviennent à la population que l’on va accueillir. Il est également préférable que l’endroit soit propre et isolé pour l’entretien.

De plus l’accessibilité du lieu via un parking et une signalisation claire favorise l’état d’esprit à l’arriver de votre patient. Quand vous avez mis 15min à vous garer et 20min à trouver le bon bureau pour votre consultation, vous serez probablement de moins bonne humeur en arrivant !

2. L'attitude (se rapproche de se que nous avons vu dans le chapitre précedent sur la communication)

Être chaleureux, confiant, amicale, détendu, et ouvert durant la discussion, utiliser des mots empathiques, qui apporte un support émotionnel, et sympathique. Adopter toutes les techniques d’empathie, d’écoute active et de conversation tournée vers le patient que nous avons vu dans le chapitre précèdent. Demander l’opinion du patient et croire se qu’il vous dit, encourager les questions, répondre à ses questions, rechercher ses préférences, et se renseigner sur ses expériences passées qui peuvent avoir un impact sur sa rééducation d’aujourd’hui. Par exemple si lors des dernières séances le patient a été traumatisé par les soins car le kiné lui a fait extrêmement mal, il faudra travailler sur cette peur et le rassurer, pour commencer les soins dans de bonnes conditions. Mais bien sûr vous n’apprendrait que le patient est traumatisé que si vous l’encouragez à vous parler !

Et enfin garder le contact visuel et sourire.

On note qu’un thérapeute trop sur de lui ou arrogant aura un effet négatif sur la perception du patient.

3. Les caractéristiques du traitement

Tout d’abord être optimiste pendant la consultation et notamment concernant la pathologie.

Ensuite poser un diagnostic clair :

Imaginez que je sois votre kiné, vous venez me consulter pour une douleur au tendon d’achille.

J’examine votre tendon et je vous : bon ça m’a l’air très net, je ne suis pas certains si c’est une tendinopathie ou une irritation, mais on va essayer un protocole qui marche bien pour les tendinopathies.

Bon franchement vous comprenez bien que ce n’est pas très rassurant pour le patient.

A l’inverse, j’examine votre pied et je vous dis : Alors vous avez une tendinopathie, vous voyez au milieu du tendon la zone douloureuse ? C’est ici que votre tendon a eu du mal à s’adapter. La bonne nouvelle c’est qu’on va pouvoir le traiter grâce à un protocole qui va permettre d’augmenter ses performances.

Dans ce cas, j’ai posé un diagnostic clair ce qui est beaucoup plus rassurant, et a donc un effet placebo sur le patient.

Ensuite on doit pouvoir donner un pronostic et des explications clair au patient, en fait c’est à ce moment où le patient va juger si on est professionnel et expert dans notre domaine.

Ensuite pour le traitement on doit prendre en considération la condition du patient, son sexe, et son âge.

Concernant le traitement en lui-même, lorsque vous faite votre traitement, montrer et dites au patient que vous appliquez un traitement.

Je vais vous donner un exemple :

Chez un patient qui a mal à l’épaule et qui pense que son épaule est déplacé, si vous faites de la thérapie manuelle, dites lui que vous libérer son épaule. Si vous voulez vous pouvez même lui dire que vous la replacez, personnellement je ne le fais pas pour ne pas véhiculer de fausses croyances, mais en réalité l’important n’est pas de dire la vérité ou pas, mais de lui redonner confiance en son épaule et d’avoir un effet antalgique grâce notamment à l’effet placebo. Une fois que le patient pense que son épaule est en place, vous pouvez plus facilement l’engager dans un protocole de renforcement pour optimiser les effets de la manipulation.

De même lorsque vous massez une structure, n’hésitez pas à informer votre patient que vous détendez la zone et qu’il aura beaucoup moins mal après ça.

Ensuite on sait qu’un patient qui parle à un patient qui a suivi la même rééducation et qui va mieux, créer un effet placebo chez lui, de même s’il visionne une vidéo d’un patient qui explique qu’il va mieux grâce à cette technique. Donc n’hésitez pas de mettre les patients avec les mêmes pathologies sur des créneaux identiques pour qu’ils puissent échangés. (Seulement si le patient le plus avancé dans la rééducation va mieux bien sûr !)

Ensuite le traitement doit centré sur le patient en personnalisant le traitement pour lui et il est conseillé qu’il soit fait par le même kiné, avec un bon suivi, et une ponctualité au rendez-vous.

 

Aujourd’hui la tendance va vers la prise en charge EBP, par exemple dans cette formation nous vous proposerons un protocole de rééducation provenant d’une étude, très orienté vers la rééducation active, qui n’inclut pas une prise en charge par le touché. Cependant cela ne veut pas dire que vous ne devez pas toucher le patient ! le toucher est un outil très puissant, qui a démontré son effet ! Donc s’il vous plait touchez vos patients !

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