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Bilan diagnostic kiné de la douleur latérale de hanche

Le diagnostic de la douleur latérale de hanche peut être un vrai challenge car les pathologies des tissus mous sont nombreuses et peuvent coexister. 

Afin de nous aider à différencier tout cela notre diagnostic va se dérouler en plusieurs étapes qui sont :

  1. faire un interrogatoire pour déterminer le profil du patient et l’histoire de sa pathologie,
  2. réaliser des tests spécifiques,
  3. faire une palpation de la région trochantérique et si besoin,
  4. analyser les imageries du patient. 

 

Nous allons tout d’abord déterminer le profil du patient. Si la patiente est une femme ménopausée présentant une douleur latérale de hanche et qui fait du yoga ou du pilate, on peut déduire qu’elle présente de hauts risques de tendinopathie glutéale. En effet comme vous le savez ces activités proposent toutes deux des mouvements en unipodal et en décubitus latéral, et donc augmentent les forces de compression sur le tendon. De plus comme nous l’avons vu, près d’une femme sur 4 présentera une tendinopathie glutéale après 50 ans, c’est donc un profil type 

Ensuite nous allons continuer l’interrogatoire plus poussé en précisant l’histoire de sa pathologie car c’est le critère majoritaire qui va nous orienter vers la tendinopathie glutéale. Nous allons y rechercher des éléments vus précédemment tel que le type de douleur et les activités qui la déclenche. Pour revenir à notre patiente, elle pourra décrire des douleurs de type brulure pendant son activité de pilate soit lors de mouvements spécifiques, qu’elle saura alors vous décrire, soit toujours en fin de séance même si elle pensait avoir fait attention.  

Cependant cet interrogatoire bien qu’apparemment satisfaisant ne permet pas toujours de différencier la tendinopathie glutéale des douleurs référées venant de la colonne lombaire ou de la hanche arthrosique par exemple. Dans ce but nous allons maintenant pratiquer des tests physiques qui vous serons détaillés dans des vidéos spécifiques mais nous allons les passer en revue 

 
SLS

Single Leg Stance Test

Le premier est le one leg stance. Il s’agit de mettre le patient en appui unipodal sur sa jambe douloureuse avec un appui léger au mur. Le test est positif s’il reproduit la douleur du patient dans les 30 secondes avec un EVA à au moins 2/10. Il est très intéressant de prendre note du temps d’apparition de la douleur et de l’EVA, car ce test, facilement reproductible, nous permettra de réaliser un suivi dans l’évolution du patient et le renforcement de son tendon.

FADER Test

Le second test que nous réaliserons est le FADER résisté pour flexion, adduction et rotation externe puis rotation interne isométrique résistée.

Adduction résistée

Enfin le dernier test diagnostic est le test des adducteurs résistés où nous allons nous amener la jambe en position neutre de hanche et adduction maximale afin de demander au patient une résistance en abduction isométrique.

Le fait d’ajouter la composante de résistance isométrique permet d’ajouter une force de tension active aux forces passives de compression qui sont présentes grâce aux positions en tensions maximales pour les tendons. Cela augmente donc grandement la précision du diagnostic.  

Enfin nous savons que ces 3 tests ont de très hautes valeurs prédictives positives ce qui nous permet de dire que si les tests reproduisent la douleur du patient avec un EVA à au moins 2/10 alors il est quasiment certain que ce patient présente une tendinopathie glutéale. Cependant nous devons bien faire attention car un test négatif ne permet pas d’exclure la pathologie.  

Nous continuons ensuite notre diagnostic avec la palpation du grand trochanter. Nous avons choisi de vous présenter la palpation après avoir fait les tests car la palpation étant très sensible elle pourrait laisser une douleur résiduelle qui peut influencer les résultats des tests. La palpation se réalise avec le patient en décubitus latéral, son coté douloureux apparent. Les hanches sont fléchies à environ 60° et les genoux sont fléchis et rassemblés. La région latérale de la hanche est palpée à la recherche de zones sensibles. Le test sera positif si le patient ressent une douleur lors de la palpation des insertions tendineuses du moyen et ou du petit fessier. Donc sur la face antérieure du grand trochanter pour le petit fessier et les faces latérale et postéro-supérieure du grand trochanter pour le moyen fessier 

La palpation a la plus haute valeur prédictive négative, c’est-à-dire que si vous ne retrouvez aucune douleur à la palpation des tendons alors il est très peu probable que votre patient ait une tendinopathie glutéale.  

Attention cependant à cette douleur provoquée par la palpation. Le fait que le patient ait mal quand vous exercez une pression sur son tendon traduit une sensibilité de celui-ci mais est moins représentative de sa douleur quotidienne. En effet la douleur sera rarement due à la pression d’un doigt mais plutôt à une activité pratiquée qui crée soit une compression ou une force de tension comme reproduites par les tests précédents. En effet le FADER Résisté et le test des adducteurs résistés permettent de placer les tendons glutéaux en posture de tensions maximales actives et passives comme dans les activités de la vie quotidienne. C’est donc cette douleur de mise en charge, sa localisation et son intensité qui nous intéresse et que nous prendrons comme référence en début de son traitement.   

 

calcification 1
calcification 2

Source des images : www.images-echographies.net

Enfin le patient peut venir avec des résultats d’imageries ou bien en faire durant le traitement. Comme nous l’avons vu dans un chapitre précédent, nous pouvons distinguer les différentes phases de la tendinopathie sur les échographies avec une atteinte diffuse en cas de tendinopathie réactive ou une atteinte focale en cas de tendinopathie dégénérative. Le patient peut également nous avoir fait une radio qui montre une calcification par exemple. Enfin l’IRM sera l’examen le plus complet qui permet de trouver un épaississement du tendon, ou une déchirure, une rétraction ou encore une zone focale hyperintense comme à l’échographie.  

Ces examens sont complémentaires à votre bilan diagnostic kiné et ne doivent pas être la seule source de diagnostic. En effet celui-ci doit s’appuyer avant tout sur votre pratique, via l’interrogatoire et les tests physiques. L’imagerie quand elle est présente doit être utilisée en tant que support d’explication au patient pour qu’il visualise la structure sur laquelle nous allons agir et le faire adhérer au traitement proposé. Cependant il faut se méfier car, comme vous le savez, l’imagerie peut être inchangée à la fin du traitement et du coup questionner le patient sur notre intervention. Or notre action et nos moyens d’évaluation sont bien sur l’évolution de sa douleur, sa reprise d’activité à haute charge et la nouvelle capacité de son tendon.  

Enfin un dernier mot sur l’impact des résultats d’imagerie chez le patient, une étude a prouvé que 30% des cas de tendinopathies visibles par IRM était asymptomatiques. Cela rejoint ce que nous avons vu dans le chapitre sur les stades de la tendinopathie et le fait qu’une tendinopathie dégénérative est souvent présente et non algique. Il se peut donc que le patient arrive en vous disant « j’ai mal à la hanche car j’ai une tendinopathie dégénérative des fessiers, regardez c’est écrit là ». Il est alors d’autant plus important de réaliser votre bilan diagnostic kiné qui prouvera peut-être que sa douleur n’est pas du à la mise en charge des tendons et vous orientera alors vers une autre prise en charge, adaptée à sa symptomatologie.   

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