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Les points trigger – Généralités

Les points trigger sont étroitement lié au syndrome myofascial (MPS) et sont décrits ensemble dans la littérature. Avec cet article nous allons expliquer les particularités de chacun. 

 

Les points trigger sont des nodules durs, palpables et discrets situés dans une bande musculaire. Ils peuvent être spontanément douloureux, on dit qu’ils sont actifs, ou douloureux uniquement à la compression, on les dit alors passifs (latent).

Le MPS pour Myofascial Pain Syndrome est le terme utilisé pour décrire la condition douloureuse qui peut être aigue ou, le plus souvent, chronique et qui implique les muscles et les tissus conjonctifs environnants (tels que les fascias). Selon Travell et Simons, les points triggers sont le point central de ce syndrome. Aujourd’hui encore pour plusieurs cliniciens le diagnostic de la douleur myofasciale passe par l’identification de un ou plusieurs points trigger. Cependant les données de la science indiquent que le syndrome myofascial est également en lien avec l’inflammation neurogène, la sensibilisation et la dysfonction du système limbique.

La consultation médicale dans le cadre d’une douleur myofasciale est très fréquente et la plus part des douleurs sont résolue sans l’utilisation de traitement médical en quelques semaines [1,2]. Cependant dans certains cas la douleur musculaire persiste bien après que la blessure soit guérie. Cette douleur peut également avoir lieu dans d’autre partie du corps, en continuité ou autour de la zone. Cela annonce un état de sensibilisation qui est l’un des troubles caractéristiques de la douleur chronique, dans laquelle la douleur est la pathologie qui nécessite une intervention médicale pour sa résolution. C’est souvent dans ce contexte là que le médecin nous envoie les patients en consultation. 

La douleur du MPS est associée avec, mais ne doit pas être causée par, un point trigger actif. Un point trigger actif est cliniquement associé avec une douleur spontanée dans le tissus environnant et/ou distant selon un pattern de douleur référée spécifique. Des points de pression digitaux sur le point trigger actif exacerbent la douleur spontanée du patient et miment son expérience de douleur familière. Les points trigger peuvent également être latents, et dans ce cas ils ne sont pas physiquement présents et donc non associés avec une douleur spontanée. Cependant, la pression sur le point latent déclenche la douleur localisée sur le site du nodule. Les triggers actifs et passifs peuvent être associés à une dysfonction musculaire, une faiblesse musculaire et une diminution de l’amplitude du mouvement.

Un peu d’histoire : C’est le français Guillaume de Baillous (1538-1616) qui a pour la première fois écrit sur les troubles musculaires douloureux. En 1816 c’est un britannique Balfour qui associe des nodules et une raideur musculaire à une douleur locale dans le muscle.

C’est dans les années 1950 que le terme myofascial trigger point est adopté et décrit par Travell et Rinzler grâce aux données selon lesquels les nodules peuvent être présents et référée la douleur à la fois du muscle et du fascia sous jacent. Un livre co écrit entre Travell et David résume les années d’observations et d’études des douleurs myofasciales : « , Myofascial Pain and Dysfunction: The Trigger Point Manual ».

Un des traitements testés en 1979 par Lewit consiste à faire du « dry needling », c’est-à-dire, piquer le point trigger avec une aiguille hypodermique (très invasive et très douloureuse) mais sans injecter d’anesthésiant ou d’eau saline (d’où le terme dry pour sec). Cependant Lewit a trouvé que l’efficacité du dry needling dépendait autant de la sévérité de la douleur que de la précision avec laquelle l’aiguille est insérée dans le point trigger. (67) Dans cette étude sur 241 patients présentant des douleurs myofasciales chroniques, Lewit a trouvé que le dry needling soulageait immédiatement la douleur chez presque 87% des cas. Dans près de 31% des cas, l’analgésie était permanente et dans 22% des cas elle durait plusieurs mois, 20% plusieurs semaines et seulement 14% n’avaient aucun soulagement.

Aujourd’hui encore les cliniciens utilisent le dry needling avec des aiguilles d’acupuncture, qui sont moins invasives, afin de diminuer la douleur. Il a été prouvé cependant que insérer la douleur directeur dans le point trigger ou bien dans la zone l’encadrant n’a pas d’incidence thérapeutique. Le geste étant de travailler avec l’aiguille dans le sens des aiguilles d’une montre et de la laisser agir une à 2 minutes (61).

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